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SARA

« Lorsque j'étais là-bas, au milieu du désert, avec le soleil qui brûlait ma peau, j'ai pensé que c'était la fin. »

Nigéria

« J'ai quitté le Nigéria à la rechercher de meilleures opportunités pour subvenir aux besoins de mes frères et sœurs. Ma mère est caissière et mon père est un paysan, mais ils ne pouvaient pas nous prendre en charge avec leurs salaires. Nous les aidons souvent, mais nous ne gagnons pas suffisamment  d'argent pour que je puisse continuer mes études en administration des affaires.

Lorsqu’ une connaissance m'a dit qu'il pourrait y avoir du travail pour moi en Autriche, j'ai saisi cette opportunité. Elle m'a dit à quel point l'Autriche était bien, alors j'ai pensé que j’irais là-bas, trouver du travail et m'installer. Ils m'ont dit que le voyage était facile, alors j'ai décidé de m’engager.

Quand nous sommes finalement arrivés au Niger, nous avions hâte de nous rapprocher de nos rêves, mais nous n'avions jamais atteint la Libye. La seule chose que j'ai vue lors de ce voyage était le désert. Notre chauffeur a aperçu quelques soldats sur le chemin et a eu peur, alors il nous a abandonné en plein désert, en emportant tous nos biens: la nourriture, l'eau, les vêtements et les 250 000 FCFA que j'avais économisés pour le voyage.

Nous avions passé les 4 prochains jours sans nourriture ni eau. Nous étions 53 personnes en détresse, mais à la fin il ne restait que 30 personnes. Un à un, mes compagnons nigérians sont morts et nous avons dû creuser un gigantesque trou pour enterrer l’ensemble des corps. Certains migrants ont décidé d'aller chercher de l'aide, mais j'ai décidé de rester. Il n'y a personne pour vous aider dans le désert. Il n'y a rien d'autre que la mort tout autour. Ils ne sont jamais revenus.

Cet endroit est comme l'enfer sur terre. Je couvrais ma tête d'un gilet de laine pendant tout ce temps, mais il n'était pas assez grand pour couvrir mon visage. J'ai trouvé de la sauce que j'ai mise sur mes jambes pour les protéger contre le soleil, mais cela n'a fait qu’empirer ma situation. Je m’étais brûlé partout. Lorsque j’étais là-bas, au milieu du désert, avec le soleil qui brûlait ma peau, j’ai pensé que c'était la fin. Je priais Dieu pour me sauver.

Je suis tellement reconnaissante lorsque les soldats nigériens nous ont sauvés et emmenés au centre de transit de l'OIM à Dirkou. Je suis arrivé au centre sans soutien-gorge ou sous-vêtements - juste une robe. Là, ils ont traité nos blessures, ils nous ont nourri et donné de l'eau. Au centre, j'ai appelé ma famille pour les informer que je suis vivante et que je reviens à la maison.

Une fois arrivés à Dirkou, 15 personnes ont décidé de retourner et risquer leurs vies de nouveau. C'était surtout des femmes avec des enfants - je ne pouvais pas le croire. Je suis heureuse d'avoir été sauvé, je suis contente d'avoir été emmené au centre de transit de l'OIM et je suis toujours heureuse de pouvoir retourner chez moi, même maintenant. Je ne conseillerais à personne d’entreprendre ce voyage - essayez de trouver du travail à la maison et de faire votre vie à la maison. »

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