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MOHAMED

« Ils nous ont mis dans un camion et nous ont déposé là, au milieu de nulle part. Nous étions dans le désert pour les 45 jours à venir. »

Sierra Leone

« J'ai quitté le Sierra Leone il y a deux mois, parce que je voulais aller en Italie. Mon ami m'a dit de passer d'abord par l'Algérie pour que nous puissions gagner de l'argent. L'un d'eux, le chauffeur, nous a vendu à des hommes Arabes, et a pris tous nos objets de valeur, y compris téléphones et documents.

Dès que nous sommes arrivés à Tamanrasset, ils nous ont mis dans une sorte de prison. Le pire était que la prison était gérée par d'autres Africains qui nous avaient acheté aux Arabes. J'étais là pendant 15 jours, sans nourriture ni eau, et avec plus de 70 autres personnes dans la même pièce. Ils m'ont donné un téléphone et m'ont fait appeler ma famille, mais ma mère vit dans un très petit village - elle n'a même pas de téléphone.

Un jour, ils ont amené un autre groupe de migrants et parmi eux il y avait un autre migrant de Sierra Leone et nous sommes devenus amis. Il avait un ami qui avait été aidé par l'OIM à retourner en Sierra Leone, alors il a suggéré que nous entrions en contact avec eux.

Ce sont les jeunes vigilants en Algérie qui nous ont sauvés. Ils avaient entendu parler de la situation de la traite des êtres humains dans la région, nous ont trouvés et nous ont libérés. Ils nous ont emmené au poste de police et nous ont dit d'appeler nos familles pour qu'ils nous aident à retourner. Au poste de police, il y avait un énorme groupe de migrants, y compris beaucoup de femmes et d'enfants.

Nous avons demandé à la police d'appeler l'OIM, mais ils nous ont dit que nous devrions le faire une fois au Niger. Nous avons aussi demandé un volontaire des droits de l'homme pour nous aider, mais ils nous ont dit qu'il n'y en avait pas. Ils nous ont mis dans un camion, nous ont emmené à Assamaka et nous ont laissé là, au milieu de nulle part. Il y avait plus de 200 personnes de toute l'Afrique de l'Ouest. Un grand groupe de Nigérians a décidé de rentrer, mais nous sommes restés. Nous étions dans le désert pour les 45 jours à venir.

Pendant que j'étais là-bas, j'ai demandé à un soldat de me laisser passer un coup de fil. J’ai donc réussi à entrer en contact avec l'OIM. Cependant, peu de temps après, les autorités nous ont transféré dans une autre région. Nous craignions que l'OIM ne puisse plus nous trouver, alors nous avons marché et marché pendant des jours jusqu'à ce que nous atteignions Assamaka à nouveau.

Une fois arrivés, nous avons vu le personnel de l'OIM. Ils étaient venus pour nous aider. Nous leur avons dit tout ce qui s'était passé et ils nous ont emmenés au centre d'Arlit. Après une semaine là-bas, nous sommes venus ici, au centre d'Agadez. Nous sommes maintenant plus de 50 migrants dans ce groupe. Nous ne pourrions pas être plus reconnaissants pour l'aide. »

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