×
Abba

« Nous verrons ce qu’il va se passer avec le temps, mais pour l'instant, je suis content de ma vie au Niger.»

Togo

« Vous verrez rarement un Togolais quitter son pays. S'il part, cela signifie qu'il a eu une bonne raison de le faire. Quand je suis arrivé au Niger il y a dix ans, je n'avais pas l'intention de rester. J'ai pensé que je continuerais mon voyage vers la Libye ou l'Algérie, mais j'ai finalement décidé de rester et de travailler comme mécanicien.

J'ai vite réalisé que je n'étais pas le seul Togolais à Arlit alors j'ai contacté le maire et je lui ai demandé si nous pouvions créer une association togolaise. Une fois qu'il a accepté, nous l'avons officiellement annoncé à la radio et avons réussi à rassembler près de 200 frères et soeurs togolais. Je suis le président de cette association depuis.

Un jour, j'ai entendu que l'OIM était à la recherche des ressortissants de pays tiers pour travailler comme mobilisateurs communautaires. Au début, j'étais un peu inquiet, mais les collègues étaient très encourageants. Ils m'ont dit : ‘ Vas-y, Abba ! C'est ton travail maintenant ! ‘.

Les migrants ont des fois la tendance à penser que nous sommes là pour les forcer à rentrer chez eux donc au début ils ont toujours un peu d’appréhension, mais ils finissent par comprendre que nous sommes là pour parler et que l'aide est volontaire.

J'aime discuter avec les migrants et comprendre les raisons qui les ont poussés à quitter leur pays. Parfois, ils veulent juste être entendus, et je suis heureux de le faire.

J'ai beaucoup appris sur la migration et sur la façon de communiquer depuis. Au début, j’étais facilement découragé quand les migrants refusaient de me parler, mais maintenant je sais comment mieux les approcher.

Je garde le contact avec beaucoup de migrants que j'ai référés au centre de transit. Beaucoup d'entre eux m'appellent une fois qu'ils sont de retour pour me remercier. C'est encourageant d'entendre des mots comme ça après les avoir rencontrés dans les ghettos et avoir vu les situations qu'ils traversaient. Beaucoup de sœurs togolaises ont quitté les ghettos d'Arlit grâce à nos discussions.

Je retourne au Togo chaque année, et maintenant avec la tête haute ! Nous verrons ce qui va se passer avec le temps, mais pour l'instant, je suis content de ma vie au Niger. »

Les activités de sensibilisation de l’OIM à travers ses quatre Bureaux d’Ecoute et d’Orientation (BEOs) au Niger sont soutenues par l’Union Européenne et par l’Agence danoise pour le développement international (DANIDA), dans le cadre du Mécanisme de Ressources et de Réponse pour les Migrants (MRRM)

Copyright © 2017.Organisation Internationale pour les Migrations Niger.